Il y a quelques jours, je tombe à l'occasion de ma tournée des blogs (vous savez, ce fameux petit tour du matin si chronophage...) sur une reflexion de
Tantics à propos de la
différence d'âge au sein d'un couple.
Je me suis souvent posé cette question pendant mon "aventure" (un bien grand mot...) avec Arno - qui est racontée en début de blog, pour ceux qui prendraient en cours route.
Arno avait 23 ans de moins que moi. Une paille. Lu comme ça, ça me choque moi-même. Et de fait, ça m'a gêné, et c'est sans doute ce qui a empêché toute construction entre nous, en dehors d'un mur que nous avons patiemment, l'un comme l'autre, alternativement construit et détruit, détruit puis reconstruit.
Pour autant, une relation de ce type est-elle impossible ? Je ne le crois pas. Elle est simplement fondée sur des attentes qui ne sont pas forcément les mêmes que celles que l'on a lorsque l'on a tous les deux 20 ans, ou tous les deux 40. Une relation peut-être à la limite de l'inceste, des deux côtés, mais une forme d'inceste conscient parce qu'il saute tellement aux yeux qu'il ne peut être ignoré. La recherche du père pour l'un, du fils pour l'autre. Une forme de spontanéïté, de force, rendue possible - et plus encore : magnifiée - parce que, justement, elle crie au monde "et alors ?".
Le regard interrogatif, mais rarement suspicieux, que l'on lisait dans les yeux de ceux qui nous croisaient était en soi une vraie bulle de bonheur. "
Ils sont bizarres ces deux-là... Que sont-ils l'un pour l'autre ? Ils ont l'air trop complices pour n'être que des copains, pas assez distants pour être des parents...".
Quand on a vingt ans d'écart, je pense qu'il s'installe une forme de respect, d'écoute, de part et d'autre. Envie d'apprendre ce qu'a déjà vécu l'un, de respecter la candeur et l'enthousiasme de l'autre. Plaisir de découvrir les rêves de l'autre, de tout faire pour l'aider à les réaliser. Bien-sur, pour le plus âgé, on est pas loin d'une relation de tuteur, de père, mais un père qui choisirait son fils, et avec un fils qui choisirait également son père.
Ce jeu - qui n'en est pas un - est dangereux. Pour les deux. L'attachement est d'autant plus fort que cette relation est rare, grave, importante pour l'un comme pour l'autre. Et ce jeu a forcément une fin.